• Chapitre 25

    James embrassa tendrement Madison avant de partir travailler. La jeune femme emmena chacun et alla également en cours. Plus tard dans la journée, elle mangea un rapide sandwich et alla à la librairie. Nancy avait un rendez-vous à l’hôpital et ne serait pas présente l’après-midi. Madison avait l’habitude de gérer le magasin. 

    Ayant peu de client, elle s’occupa de ranger la livraison reçue le matin même. Elle se rendit dans l’arrière-boutique. Voilà vingt minutes qu’elle sortait les ouvrages des cartons et les enregistrer avant de les mettre en rayon. Tout à coup, un étrange sentiment l’assaillit et cela n’augurait rien de bon. 

    La jeune femme se retourna et son visage pâlit en quelques secondes. En face d’elle, à seulement quelques mètres, se tenait son pire cauchemar. Son cœur battit plus vite sous la peur qui l’envahit. 

    - Bonjour à toi belle Madison. Tu es devenue une vraie femme dis donc. Même si tes seins ne sont pas comme il faut. Déclara Travis, avec un sourire qu’on pouvait qualifier de pervers. 

    - Que fais-tu là ? Tu n’as pas le droit de m’approcher à moins de deux cent mètres, tu te souviens ? Alors je te suggère de partir d’ici avant que j’appelle la police. Affirma Madison d’une voix forte, en ne laissant rien paraître de ses émotions. 

    Travis sentait bien que ce n’était qu’une façade. Au fond d’elle, il y avait de la terreur et de la frayeur. Il le savait et cela lui plaisait qu’il ait cet effet là sur elle. 

    - Si tu savais comme je m’en fiche de cette injonction de merde. Cela fait quelques jours que je t’observe. J’ai remarqué qu’un homme s’intéresse à toi. Je dois te dire bravo, tu as tapé dans le haut du panier. Ce pdg a une sacrée fortune dis donc. Alors je veux ma part du gâteau. Tu as vingt-quatre heures pour me donner deux millions de dollars. Sinon, je m’entretiendrais à nouveau avec monsieur l’adorable juge aux affaires familiales. J’ai quelques témoignages et photos à lui montrer. Mme Frey, tu la connais non, c’est la directrice de l’école de mes fils. Il semblerait que tu ne lui as pas fait bonne impression. Je ne pense pas que le juge appréciera de voir ce fameux Monsieur Carlton t’embrasser à pleine bouche devant mes fils ce matin. Expliqua Travis avec un regard équivoque. 

    Madison paniqua, elle n’avait pas cette somme d’argent. S’il disait tout cela au juge, elle perdrait la garde des jumeaux. Elle était prise au piège par ce salaud. Elle était déstabilisée. Travis en profita pour se rapprocher. Quand elle s’en aperçue, il était trop tard. Il réussit à la faire reculer jusqu’au mur derrière elle. La jeune femme se mit à trembler, elle ne contrôlait plus son corps. 

    - Je pense que nous allons enfin finir ce que nous avons commencé il y a six ans. Personne ne viendra à ton secours, tu es toute seule. Affirma-t-il d’une voix diabolique, au creux de l’oreille de Madison. 

    Malgré les frissons de dégoût et les haut-le-cœur qui arrivaient, celle-ci ne se laissa pas faire. Il fallait qu’elle réagisse sinon cela en était fini pour elle et ce salaud gagnerait.

    Elle se débattit et le repoussa de toutes ses forces. L’homme recula et elle en profita pour s’échapper. Cependant, il la rattrapa facilement par les chevilles et elle tomba sur le sol en lâchant un cri de stupeur. 

    Travis s’allongea sur elle de tout son poids. La jeune femme se tortillait dans tous sens pour se soustraire à son agresseur. Mais, il était beaucoup trop fort pour elle. Il l’a gifla avec une telle violence qu’un cri de douleur lui échappa. 

    - Tu vas arrêter ton cinéma et te laisser faire. Je suis sûr que tu vas aimer ça. Tu vas voir que je suis beaucoup mieux que ce pseudo pdg de pacotille.  Dit-il. 

    - Lâcha-moi !!! Laisse-moi !!!! Hurla Madison, en lui donnant des coups de poings. 

    Les lèvres de Travis se posèrent sur son cou. Madison cria tout ce qu’elle pouvait pour qu’on lui vienne en aide. 

    - Personne ne viendra. En entrant, je me suis permis de verrouiller la porte. Alors, tu es à moi et à moi seule à présent. Annonça-t-il en commençant à la caresser. 

    - Aaaiiiiidddeeee-mmmmooiiiiii !!!! Hurla-t-elle à nouveau. 

    Tout à coup, des bruits de vitres brisées se firent entendre et quelques secondes plus tard, Madison se sentit plus légère. Elle vit son agresseur être soulevé par un homme. Un autre se précipita vers elle et lui tendit la main pour se relever. 

    - Il ne pourra plus vous faire du mal, Mademoiselle Evans. Vous êtes en sécurité à présent. Lui dit-il d’un ton rassurant. 

    Elle le regarda et comprit qu’il venait de la sauver. Il était grand, environ un mètre quatre-vingt-dix, il avait des courts cheveux noirs. Il portait un jean noir avec un t-shirt gris et une veste noire. Il devait avoir environ une trentaine d’année.

    Son regard lui prouvait qu’il voulait l’aider rien de plus. Elle accepta la main tendue et fut debout mais elle se sentit vaciller. L’homme lui apporta une chaise et l’aida à s’asseoir. 

    - Qui est-vous et comment connaissait vous mon nom ? Demanda-t-elle, quelques instants plus tard. 

    L’homme ne répondit rien et prit son téléphone. Madison était sous le choc et n’entendit pas ce qu’il disait. Le second inconnu avait menotté Travis et l’emmena hors de sa vue. 

    - Je m’appelle Ayden Dickson, j’ai été engagé pour vous protéger depuis ce matin. Mon collègue était chargé de surveiller Mr Jordan. Une ambulance va arriver pour vous  examiner. Expliqua son sauveur. 

    - Je…vais bien. Répondit-elle, avec hésitation. 

    - Je dois m’en assurer, c’est mon travail. Affirma Ayden. 

    Soudain, un trop plein d’émotion la submergea et Madison éclata en sanglot, elle venait de comprendre ce à quoi elle venait d’échapper. Voyant l’état dans lequel elle était, Ayden s’agenouilla près d’elle et la prit dans ses bras pour la calmer. Madison accepta son geste et laissa ses larmes couler.

    Dans les bureaux de Carlton web entreprise, Laurie venait d’arriver et se présenta à l’accueil. La secrétaire l’informa qu’elle pouvait monter au quinzième étage afin de rendre dans le bureau de James.

    Laurie vit que les locaux avaient nettoyé et remis à neuf, comme si de rien n’était. Elle se sentit honteuse d’avoir participer à ce saccage. Elle s’en voulait et allait donc travailler pour payer sa dette.  

    En sortant de l’ascenseur, elle se rendit au bureau de la dénommée Jackie. Celle-ci prévient son patron et lui dit qu’elle pouvait y aller. Laurie continua donc son chemin et frappa à une grande porte quelques mètres plus loin. Après y avoir été invité, elle ouvrit la porte. 

    - Bonjour Laurie. Dit James en l’accueillant. 

    - Bonjour Monsieur Carlton. Répondit-elle, préférant le vouvoyer dans le cadre professionnel. 

    Il lui proposa de s’asseoir devant son bureau. 

    - Voilà le contrat pour lequel tu t’engages à travailler jusqu’en juin l’année prochaine en contrepartie de quoi, plus aucune charge ne sera retenue contre toi. Il te faudra être à l’heure et assurer toutes les tâches que l’on attribuera. Tu travailleras avec Jackie, que tu as déjà dû voir. Elle sera responsable de toi. Déclara James. 

    - Je vous promets de tout faire pour effectuer au mieux mon travail. J’espère ne pas vous décevoir. Assura l’adolescente.   

    Elle signa le document et le rendit à James. 

    - Bien, parfait. Tu commences donc mercredi prochain à quatorze heures. Je voulais également te dire que ta sœur m’a demandé de retrouver tes parents biologiques. Voici les informations que mon ami a pu trouver. C’est à toi de voir ce que tu souhaites faire. Je te suggère quand même d’en parler avec Madison. Annonça James, en lui donnant le dossier. 

    - Merci beaucoup. Je ne sais pas ce que je veux faire. Affirma Laurie, partagée entre plusieurs sentiments. 

    - Je comprends. Tu te dis j’aimerais tellement les connaître et leur parler et en même temps, tu as peur d’être déçue et de ce qui va se passer. Il n’y a que toi qui peux savoir si ton désir de les rencontrer et de savoir d’où tu viens est plus fort que tes peurs et angoisses. Tu peux réfléchir et ne rien faire pour le moment. Déclara James, en ayant connu le même dilemme. 

    - Qu’as-tu fait ? Enfin si bien sûr, tu veux m’en parler. Questionna Laurie. 

    -  J’ai recherché mon père lorsque j’ai eu dix-huit ans. J’ai appris qu’il était décédé deux ans plus tôt dans un accident. Je suis allée sur sa tombe, j’avais besoin de passer cette étape. Concernant ma mère, je n’ai pas réussi à la retrouver. Mais, cela m’a quand même aidé à avancer. Répondit James. 

    - Merci de ton aide. Affirma Laurie. 

    Puis, elle partit et rentra chez elle. La jeune fille voulait étudier. En effet, cela plusieurs mois ses notes avait dégringolé et elle avait mis ses études de côté. A présent, elle voulait rattraper le retard cumulé.

    Par ailleurs, les épreuves de fin de cycle approchaient et il était temps de se reprendre. Le contrôle continu ne lui serait d’une aucune utilité au vu de ses notes et de son comportement. 

    James fut satisfait de l’entretien qu’il venait d’avoir avec Laurie. Elle avait changé de comportement et ce travail allait l’encourager. Il était fier de lui donner une seconde chance.

    Son téléphone le sortit de ses pensées. Il vit alors le nom de son correspondant et sut qu’il y avait un problème. 

    - Carlton. Dit-il, inquiet. 

    - Bonjour monsieur, je voulais vous informer de la situation. Je suis aux côtés de Mademoiselle Evans à la librairie où elle travaille. Mr Travis vient de l’agresser. Rassurez-vous, elle n’a rien. Elle est choquée mais aucune blessure. Une ambulance est en chemin pour l’examiner afin de s’en assurer. Expliqua Ayden d’une voix calme. 

    - Où est-il ? Demanda sèchement James, énervé que ce connard ait pu l’approcher. 

    - Mon collègue, monsieur Henry l’a menotté et est train d’attendre les forces de l’ordre. Ils sont dehors. Il n’est plus une menace. Affirma le garde du corps. 

    - Très bien, j’arrive. Conclua-t-il, en coupant la communication. 

    James prit sa veste et s’élança rejoindre sa petite amie. Quinze minutes plus tard, il se gara et sauta de sa voiture. Il entre dans la boutique. Il vit Madison assisse sur une chaise en pleur.

    Un ambulancier était à ses côtés. Son cœur se serra, il détestait la voir ainsi. Il fulminait de rage que ce salaud ait pu l’atteindre à nouveau. Selon les dires du garde du corps, elle n’était pas blessée mais il n’y avait pas que les blessures physiques. Il avait peur des dégâts que ce salopard avait pu provoquer. 

    La jeune femme le vit, se leva et se jeta dans ses bras. James l’accueillit et la réconforta.  

    - Tout va bien bébé. Il ne fera plus aucun mal à présent. Tu as ma parole. Tu es en sécurité, je te le promets. Lui chuchota-t-il, en la berçant pour l’apaiser.   

    Madison ne dit rien et sanglota. Puis, elle se calma après une dizaine de minutes. 

    - Mademoiselle Evans n’a aucune blessure. Ses constantes sont normales. Il n’y aucune raison d’aller à hôpital. Annonça le secouriste. 

    - Bien merci. Répondit James. 

    Son interlocuteur rangea son matériel et repartit vers son véhicule. 

    - Monsieur, l’inspecteur de police souhaite que vous alliez le voir avec Mademoiselle Evans afin d’obtenir sa déposition. Déclara Ayden, en voyant la situation revenir à la normale. 

    - Merci Ayden, je vais l’accompagner. Je n’aurais plus besoin de votre service aujourd’hui. Vous pouvez rentrer. Lui répondit James. 

    - Bien Monsieur. Dit-il, en les laissant. 

    - Ma chérie, je sais que cela est difficile mais il faut que tu le fasses. Je serais à tes côtés et je ne te laisserais pas. Annonça James. 

    Madison s’écarta et acquiesça. James contacta Laurie afin qu’elle aille chercher ses frères et la rassura concernant sa sœur. Il ne donna aucun détail puisqu’elle n’était pas au courant de la situation concernant le père des jumeaux.

    Ils arrivèrent au poste de police où ils furent accueillis par l’inspecteur. Ce dernier les conduisit dans son bureau. 

    - Mademoiselle Evans, je voudrais que vous m’expliquiez ce qui s’est passé. Pouvez-vous le faire ? Lui demanda-t-il avec une voix douce. 

    - D’accord. Répondit-elle. 

    Madison raconta les événements en tenant la main de son petit ami. Celui-ci était content de ce geste. Il était énervé que le salaud l’ait menacé et avait voulu lui extorquer de l’argent. 

    - Vous souhaitez donc porter plainte pour menace et chantage, tentative de viol et violation de l’injonction à votre encontre ? Questionna l’agent des forces de l’ordre. 

    - Oui. Assura Madison.  

    - Que va-t-il se passer ? Ajouta James, voulant connaître le sort de Travis. 

    - Monsieur Jordan est en garde à vue pour ces charges pendant quarante-huit heures. Puis, il sera déféré devant un juge afin de savoir s’il sera libéré ou mis en détente provisoire dans l’attente de son procès. Répliqua leur interlocuteur. 

    La jeune femme sursauta en comprenant qu’il y ait une éventualité qu’il soit libre dans deux jours. James comprit la peur de sa petite amie et l’entoura de ses bras. Puis, ils sortirent du commissariat et se rendirent dans le véhicule de James. 

    - Je t’assure qu’il ne t’approchera plus. J’y veillerais. Dit-il. 

    - Comment se fait-il qu’un garde du corps me protégeait ? Lui demanda Madison, en revenant à la réalité. 

    Il fallait s’attendre à cette question. Bon allez, c’est l’instant de vérité. Je ne peux plus reculer maintenant. Pensa-t-il. 

    - Je voudrais t’expliquer avant que tu ne fâches. J’ai bien compris que tu me cachais quelque chose et que cela avait un rapport avec le père des jumeaux. Dès qu’on a parlé, j’ai bien senti tes réactions. Mais, je ne voulais te questionner tant que tu ne serais pas prête à m’en parler de toi-même. Mais, quand j’ai vu que tu avais pleuré dimanche soir, je ne pouvais pas rester là à attendre le bon moment pour toi. J’avais peur qu’il t’arrive quelque chose alors j’ai appelé mon ami détective pour qu’il fasse des recherches. Hier, il est venu pour voir pour m’en donner les résultats. Il m’a parlé de l’agression dont tu avais été victime. Je suis désolée pour ce que tu as pu subir. Expliqua James. 

    Madison retint son souffle. Elle craignait ses réactions.

    Non, c’est possible !!! Il va rompre et ne plus vouloir de moi. Mais pourquoi !! C’est tellement injuste !!! Cria sa conscience, les larmes coulèrent toute seule. 

     

     

    Chapitre 24                                                                  Chapitre 26


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