• Chapitre 22

    Après le dîner, les jumeaux regardaient la télévision pendant que Madison et Laurie avaient pris place autour de la table de la salle à manger.

    - Je suis allée au notaire ce matin. Il m’a donné un dossier que maman lui avait demandé de me confier seulement lorsque j’en ferais la demande. Maman nous a laissé une lettre à chacune. Annonça l’aînée de la famille.

    Elle lui donna la lettre.

    - Je n’ai pas ouvert le dossier. Veux-tu que nous le regardions ensemble ou souhaites-tu l’ouvrir seule ? Reprit-elle.

    - Je veux que tu sois là. Affirma Laurie, en prenant une inspiration.

    L’adolescente l’ouvrit et lut les premières pages. D’après ce qu’elle pouvait voir, elle avait sous les yeux son dossier d’adoption ainsi que plusieurs photos d’elle bébé. Il y avait des certificats médicaux détaillés attestant de sa bonne santé, le contrat d’adoption signé. Il y avait une fiche concernant l’identité des parents biologiques.

    Ces derniers étaient âgés de seize ans à l’époque. Il n’y avait pas de nom mais quelques détails sur leur physique. Laurie eut les larmes aux yeux. Elle montra les documents à sa sœur. Pendant ce temps, elle ouvrit la lettre de sa mère.

    « Ma chérie,

    Je t’écris cette lettre au cas où, si tu la lis c’est que le destin a choisi de nous séparer. Je veux que tu saches que je t’aime de tout mon cœur. Lorsque je t’ai pris dans mes bras la première fois tu avais deux ans et dix jours. Je me revois encore te serrer contre moi. Tu ne peux pas t’imaginer la joie que j’ai ressenti à cet instant.

    Je ne sais pas quel âge tu as aujourd’hui mais tu poses sûrement des questions sur tes origines. Je trouve cela normal et tu n’as pas à te sentir coupable envers moi. Je suis passée par là avec Madison. Et je le savais que cela se produirait un jour quand j’ai décidé d’adopter un enfant. Pourquoi j’ai choisi l’adoption ?

    J’ai toujours été une femme indépendante et solitaire. Je suis fille unique et mes parents sont décédés lorsque j’ai eu vingt ans. J’ai bien eu quelques petits amis mais jamais rien de sérieux et puis, mon métier me prenait tout mon temps.

    Avec le temps, j’ai réalisé qu’il me manquait quelque chose. Je ne voulais attendre de trouver l’homme avec qui je pourrais avoir des enfants alors je me suis orientée vers l’adoption. Il y a tellement d’enfant abandonné et délaissé et que je me suis que j’allais un rendre un ou deux heureux.

    Concernant tes parents biologiques, tout ce que je sais c’est qu’ils avaient seize ans quand tu es née. Ta mère a arrêté ses études pendant sa grossesse car elle avait des problèmes de santé. Elle les a reprises lorsque tu as un an mais elle s’est rendue compte que c’était difficile à assumer.

    Ils t’ont écrit une lettre qui se trouve dans l’enveloppe et que je n’ai jamais ouverte. Cela qu’ils avaient à te dire doit rester entre vous et cela ne me regarde aucunement.

    D’après ce que j’en sais, ceux sont des personnes bien. J’espère que ce dossier t’aidera à trouver les réponses que tu cherches.

    Sache que je t’aime.

    Maman. »

    Laurie pleura en la lisant. Sa mère avait toujours trouvé les mots qu’il fallait. Elle avait bien compris qu’un jour sa fille aurait besoin de réponse. Madison ne dit rien et vint s’asseoir à ses côtés.

    Elle la prit dans ses bras pour la consoler et la soutenir.

    Quelques minutes plus tard, l’adolescente prit la seconde lettre qui lui était destiné. Elle hésita à l’ouvrir. La peur et l’angoisse l’envahirent. Tout ce qu’elle voulait savoir se trouvait à quelques centimètres d’elle.

    Madison avait parcouru également le dossier et la lettre laissé par sa mère à l’attention de sa sœur. Elle la soutenait dans sa quête de la vérité. Sa sœur ouvrit la lettre.

    « Laurie, mon bébé,

    J’espère que tu liras cette lettre jusqu’au bout. Je ne sais pas si tu la liras un jour, ni quel âge tu auras à ce moment-là. Avec ton père, nous voulions d’expliquer notre choix. La première chose que nous voudrions te dire c’est que nous t’aimons.

    Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, j’ai paniquée mais une part de moi était heureuse. Ton père et moi sortions ensemble depuis deux ans et une fois nous avons oublié la prudence.

    Nous nous sommes rassurés l’un et l’autre en se disant que rien ne peut arriver en une fois. Nos familles sont très puritaines et j’avais peur d’aller demander la pilule du lendemain.

    Trois mois plus tard, nous avons dû nous rendre à l’évidence que cette nuit a eu des conséquences. Lorsque nos familles respectives l’ont appris, cela a été horrible. Nous nous sommes retrouvés à la rue.

    Une de mes tantes nous a hébergé et nous a aidé. J’ai été tellement horrifié par les réactions de notre entourage et que j’ai des problèmes de santé. J’ai dû arrêter d’aller au lycée et me reposer.

    Ta naissance a été comme un cadeau du ciel, nous étions si heureux. Nous t’avons aimé bien avant d’avoir croiser ton regard. J’ai repris mes études quand tu as eu un an, ma tante te gardait.

    Cependant, elle est décédée quelques mois plus tard et à partir de ça, la situation s’est dégradée. Avec ton père, notre rêve est de devenir médecin. Je souhaiterais me diriger vers la pédiatrie et ton père plus vers la cardiologie. Continuer nos études nous était impossible. Je n’avais pas de connaissance ou d’ami pour te garder et l’argent nous manquait.

    Avec ton père, nous avons bien réfléchi et nous trouvé que l’adoption était notre seul choix. Nous ne pouvions plus subvenir à tes besoins et nous n’arrivions plus à le supporter.

    Par ailleurs, si nous avions arrêté nos études et trouver un petit boulot, nous avions peur de finir par te détester. Et cela je n’arrive pas à l’envisager. Nous avons donc pensé à ton bien. J’espère que tu pourras comprendre notre choix.

    Si nous avions pu faire autrement, crois-moi nous l’aurions fait. J’ai eu si mal au cœur de devoir te laisser. J’ai beaucoup pleuré et ce n’est pas fini. Nous pouvions décider de la personne qui prendra soin de toi. Lorsque nous avons lu le dossier de Madame Evans, nous avons tout de suite su que c’était elle. Nous t’aimons et t’aimerons toute notre vie.

    Si tu le souhaites et seulement si tu le désires, nous sommes d’accord que tu nous retrouves. Nous serions tellement heureux de savoir que tu vas bien. Et si c’est ton désir, nous pourrions apprendre à nous connaître, sans pour autant prendre la place de Mme Evans.

    Dans ton cœur, il pourrait peut-être y avoir un peu de place pour ton père et moi.

    Amelia Frey et Gregory Henry »

    Waouh, ils m’aiment et ils ne m’ont pas abandonné car ils voulaient de débarrasser de moi. Ils l’ont fait pour mon bien et ils veulent que je les retrouve !! Je n’arrive pas y croire. Se dit-elle, sous le choc.

    - Alors ? Demanda Madison, qui ne savait rien.

    - Ils m’aiment et m’ont abandonné car ils n’avaient pas le choix. Ils veulent même que je les retrouve, tu imagines. Je vais pouvoir leur parler et les serrer dans mes bras. Annonça l’adolescente, heureuse.

    - Alors fonce, retrouvons-les et va les voir. Il n’y a aucune raison pour qu’ils ne soient pas contents de te voir. Déclara l’aînée avec joie.

    - Est-ce que tu crois que James pourrait nous donner un coup de pouce pour les retrouver ? Murmura Laurie.

    Cette dernière savait que sa sœur ne voulait pas lui demander des services. Dans un sens, elle la comprenait. Depuis plusieurs années, elle se débrouille seule et elle ne se voyait pas demander de l’aide du jour au lendemain.

    - Tu sais, il me la proposé lorsque nous étions au parc d’attraction. Nous avons discuté lorsque nous avons été au grand huit. Ajouta Laurie d’une petite voix.

    - Je lui en parlerais dès que j’aurais l’occasion. Céda Madison.

    - Tu es la meilleure !!! S’écria Laurie en la serrant dans ses bras.

    Après cela, elles retrouvèrent leurs frères sur le canapé. Une demi-heure plus tard, elle leur raconta une histoire et ils s’endormirent rapidement. Laurie alla dans sa chambre pour se remettre de ses émotions. Elle avait enfin des réponses et celles-ci étaient de bonne nouvelle.

    Madison espérait simplement qu’ils allaient l’accueillir avec joie. Sinon, Laurie ne s’en remettrait pas. Après avoir pris une douche et avoir vérifié que tout était fermé, elle s’installa sur le canapé et décida d’appeler James. Il lui manquait et elle s’en voulait de lui cacher des choses mais elle n’avait pas le choix.

    - Bonsoir mon amour. Lui répondit-il d’une voix sensuelle.

    - Eh…bonsoir à toi aussi…Monsieur Canon. Dit-elle avec hésitation.

    Tu as eu le courage de l’appeler et hop tu bégayes déjà parce qu’il t’a appelé mon amour. Ah la la, ma pauvre fille, qu’est-ce que je vais faire de toi. Pensa-t-elle.

    - Je suis heureux que tu aies pris l’initiative de m’appeler. Tu es en progrès. Lança James sur un ton amusé.

    - Tu me manques et j’avais envie d’entendre ta voix. Lâcha Madison d’une traite, de peur de bredouiller.

    - Oh je suis flatté. Tu m’as manqué aussi. Comment s’est passé ta journée ? Lui demanda-t-il.

    - Il y a eu des bonnes et de mauvaises nouvelles. J’ai eu rendez-vous au notaire qui m’a confié un dossier sur les parents biologiques de Laurie. Nous l’avons lu ce soir. C’étaient deux ados et qui ont tout fait pour la garder mais leurs familles leurs ont tournés le dos. Ils voulaient devenir médecin. Ils souhaitent que Laurie les retrouve. Elle est folle de joie de voir qu’ils l’aiment. Je la comprends. Elle m’a demandé si tu pouvais nous rendre un service. Tu lui aurais proposé de l’aider si besoin. Expliqua Madison.

    - Je suis content pour elle. Effectivement, je lui dis cela et je tiendrais parole. As-tu un nom pour commencer les recherches ? Questionna James.

    - Sa mère se nomme Amelia Frey et son père, Gregory Henry. Répondit la jeune femme.

    - C’est noté, je m’en occupe dès demain. Et quelles sont les mauvaises nouvelles ? Enchaîna-t-il, inquiet.

    - Ce matin, on s’est levé en retard et j’ai déposé les jumeaux en retard à l’école. La directrice a une dent contre moi depuis le début de l’année et aujourd’hui a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour elle. Quand je suis allée les chercher, elle m’a convoqué dans son bureau et m’a informé qu’elle va signaler nos retards au juge. Quelle harpie cette femme. J’ai gardé mon sang froid mais cela a été difficile. Du coup, je dois m’attendre à recevoir une convocation du juge pour m’expliquer. Je sais que je n’ai rien à me reprocher, je vais du mieux que je peux pour les élever mais j’ai toujours cette…peur qu’on me retire leur garde. Je ne pourrais pas le supporter. Se confia Madison, en se laissant aller.

    - C’est incroyable de voir qu’elle s’acharne sur toi. Il y a tellement d’autres gosses dans des situations atroces qu’elle pourrait aider. Ne t’en fais pas, je serais avec toi et s’il le faut je t’accompagnerais lors de l’entrevue. Tu ne perdras jamais leur garde, je te le promets. Je ferais tout ce que je peux et je peux faire beaucoup de chose, n’aie crainte. Assura James avec conviction.

    S’il savait que ce n’est pas la seule chose qui risque de me voir retirer leur garde. Si seulement je pouvais lui parler de…. Non, il ne doit rien savoir, jamais !! Ajouta-t-elle avec force.

    - Merci d’être là. Répliqua Madison, émue.

    - C’est mon rôle en tant que petit ami et je le prends très au sérieux. Reprit-il.

    - Et toi, ta journée ? Questionna la jeune femme.

    - J’ai enfin signé le contrat avec J&K Entreprise, cela a demandé beaucoup d’investissement en temps et en énergie mais j’ai réussi ce pari. Annonça-t-il, fier de lui.

    - Oui j’imagine. Hum, j’aurais bien aimé voir monsieur le riche pdg en action. Lança la jeune femme d’un ton malicieux.

    - Tu t’aventures hors des sentiers battus ma chérie. Si tu veux la jouer ainsi, pas de problème. Tu me verras bientôt en action et je peux déjà t’affirmer que tu seras étonné de voir tout ce que je suis capable de faire. Dit James d’une voix sexy, en entrant dans son jeu.

    - Oh ce n’est pas un peu prétentieux de votre part, monsieur Canon. Chuchota-t-elle.

    - Tu ne perds rien pour attendre. Tu as de la chance qu’à cet instant tu te trouves à quelques kilomètres de moi sinon je t’assure que je t’aurais porté jusque dans ta chambre. Je t’aurais jeté sur le lit et je me serais amusé à te donner d’exquises tortures avec mes mains et ma langue. Tu aurais eu plusieurs orgasmes et tu m’aurais supplié de te prendre. Je t’aurais alors pénétré en douceur et après que tu saurais habituer à mon membre, j’aurais exercé de lent et long va-et-vient tout en taquinant de ma langue tes adorables seins. Tu aurais poussé de tendres gémissements qui me donneraient plus envie de toi. Détailla James, qui se sentit soudain à l’étroit dans mon pantalon.

    - Stop, c’est bon, j’ai…compris, enfin…tu vois. Lâcha-t-elle d’une voix remplie d’envie et de désir.

    - J’ai hâte que tu le vives mais ne t’en fais pas j’attendrais que tu sois prête à franchir cette étape. Comme tu n’as jamais évoqué ce sujet avec personne, j’aime beaucoup te montrer que rien qu’avec des mots, on peut ressentir beaucoup de sentiment. Je trouve cela excitant également de parler de sexe avec ma petite vierge prude. Dit-il.

    - Je…constate…les…effets de…Je suis désolée, j’ai encore des difficultés à parler de sexe. Je n’arrive à lutter ma nature. Il faut falloir du temps avant de pouvoir en parler sans bafouiller. Répliqua Madison en rougissant.

    - Alors j’ai réussi ma mission et ce n’est pas fini. Je continuerais jusqu’à ce que tu arrives à le lâcher sur le sexe. Cela prendra le temps qu’il faut, ce n’est pas grave. Nous ne sommes pas pressés. Ne te mets aucune pression ou stress par rapport au sexe. Assura James.

    - Tu es vraiment une perle. Dit-elle.

    Puis, ils se dirent bonne nuit et coupèrent la communication. Madison alla se coucher et elle mit deux réveils pour être sûr de ne pas loupé l’heure.

     

    Chapitre 21                                                                       Chapitre 23


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :