• Chapitre 21

    Quelques instants plus tard, les jumeaux débarquèrent dans la cuisine en pyjama.

    - On va passer à table. Annonça Madison, en souriant.

    Elle avait repris une contenance et elle ne voulait surtout pas que quelqu’un soit au courant qu’un danger les menaçait. Laurie arriva à son tour et mit la table. James la suivit de quelques secondes.

    - Comment ça s’est passé ? Lui demanda Madison.

    - Eh bien pour un premier bain, je dirais que je m’en suis bien sorti. Les jumeaux ont été adorables et j’ai l’impression qu’ils ne sont plus fâchés contre moi. Répondit-il, fier de lui.

    James comprit que quelque chose n’allait pas. Madison faisait tout pour lui cacher mais il voyait bien qu’elle avait pleuré. Il ne dit rien car cela ne servirait à rien. Mais, il n’en allait certainement pas en rester là. Puis, ils prirent leur repas ensemble. Chacun parla de cette fabuleuse journée.

    Une fois rassasié et après débarrassé la table, Laurie alla dans sa chambre. Les jumeaux purent regardait la télévision pendant une demi-heure avant de se coucher.

    Bien évidemment, James leur lut une histoire et ils s’endormirent rapidement. Madison et James se retrouvèrent donc seuls assis sur le canapé. 

    - Merci pour cette formidable journée. Tout était parfait. Ton père est un homme adorable et cela se voit qu’il t’aime. Laurie s’est faite une nouvelle amie et Théo et Hugo ont énormément apprécié la balade à cheval. Pour ma part, savoir que tu es mon petit ami est la plus belle révélation de la journée. Tu es très organisé et pendant quelques heures, j’ai pu me reposer sur toi. Tu ne peux pas savoir à quel point cela fait du bien. Avoua Madison avec émotion.

    - Je suis ravi de voir que tu respectes bien la règle numéro trois. Tu ne peux savoir à quel point je suis heureux d’être ton petit copain et que tes frères et sœurs le sachent, même si au début les jumeaux n’étaient pas pour. J’aimerais que tu te reposes sur moi plus souvent. Même si je sais qu’au début cela ne sera pas aisé pour toi. Cela fait plusieurs années que tu gères seule tout cela. Mais, petit à petit, tu verras que tu peux me faire confiance. Répliqua James.

    - Oui, tu as compris ce que je ressens. Mais, j’ai…peur…aussi que tu t’en ailles… et que je doive à nouveau être seul. Donc, il va me falloir du temps pour comprendre et accepter que tu sois là. Ne m’en veux pas. Affirma la jeune femme avec hésitation.

    - Prends le temps qu’il te faut et dès que tu auras besoin de moi, je serais là. Annonça James.

    Puis, il se pencha vers elle et l’embrassa tendrement. La jeune femme répondit à son baiser avec passion. Leurs langues se cherchèrent, s’épousèrent. Madison ne pouvait s’empêcher de lâcher quelques gémissements sous cette avalanche de plaisir. Puis, James ralentit leur étreinte.

    - Je vais y aller. Tu es épuisée et demain une nouvelle semaine reprend. Bonne nuit ma douce petite vierge sexy. Fais de beaux rêves. Souffla-t-il, en écartant légèrement.

    Ils reprirent leur respiration et Madison acquiesça. James se leva et se dirigea vers la porte. Il sortit et monta dans sa voiture. Puis, il partit. La jeune femme ferma la porte et la verrouilla. Elle fit le tour de la maison pour fermer les volets et s’assurer que tout était bien fermé.

    Puis, elle alla se coucher. Elle jeta un coup d’œil dans les chambres d’Hugo, Théo et Laurie. Ils dormaient à point fermé. Madison se jura que personne ne viendrait leur faire du mal et personne ne lui retira leurs gardes. Elle se battrait comme une lionne s’il le fallait.

    Le lendemain, Madison se réveilla en retard. Elle s’était endormie vers quatre heures du matin. Elle n’avait pas arrêté de penser à la personne qui menaçait sa famille. La course contre la montre reprit et elle déposa ses frères avec un quart d’heure de retard.

    Puis, elle ramena Laurie au collège et se rendit au notaire. Une fois là-bas, elle fut reçue immédiatement. Après les présentations d’usage, Madison entra dans le vif du sujet.

    - Je voulais savoir si ma mère avait laissé des informations à propos des parents biologiques de Laurie. Celle-ci se questionne et elle aimerait découvrir ses origines, ce que je comprends totalement. Je lui ai dit que j’allais l’aider. Expliqua Madison.

    - Effectivement, elle m’a laissé des instructions à ce sujet et un dossier que je dois vous remettre. Elle a ordonné de vous le donner si vous en faisiez la demande et pas avant. Mme Evans m’a aussi laissé deux lettres, une à votre intention et la seconde à votre sœur, Laurie. Répondit le notaire, en lui donnant les documents.

    Madison les prit et hésita à demander autre chose. Après réflexion, elle se lança.

    - Ma mère a-t-elle laissé quelque chose à propos de son….. ex-compagnon, Mr Travis Jordan ?

    - Malheureusement, rien concernant cette personne. Tout ce qu’elle m’a dit à ce sujet c’est qu’il n’a aucun droit sur la maison et il a reçu une injonction du tribunal. Celle-ci l’interdit de s’approcher de vous et de votre sœur à moins de deux cents mètres. Répondit son interlocuteur.

    - Mais pas des jumeaux ? Demanda-t-elle d’une voix paniquée.

    - Effectivement, il est leur père et de ce fait, il a légalement l’autorité parentale. Répliqua-t-il.

    - Même s’il les a abandonnés avant leur naissance et qu’ils ne l’ont jamais vu ? Questionna la jeune femme, inquiète.

    - Selon la loi, oui il est toujours leur père. Il les a reconnus. Je ne suis pas spécialiste, je vous conseillerais d’aller voir un avocat qui pourra mieux répondre à vos questions et vous orienter si besoin. Annonça le notaire.

    - Je vous remercie. Au revoir. Dit-elle, en lui serrant la main.

    Puis, elle sortit et se rendit à sa voiture. 

    Punaise mais qu’est-ce que je vais faire ??? Je suis sûr qu’il est revenu et il va vouloir prendre les jumeaux. Je ne pourrais rien faire, bordel de merde !! Jamais ce salaud n’aura leur garde !! Moi vivante jamais !!! S’écria-t-elle, en frappant le volant.

    C’était le seul moyen d’extérioriser sa colère et sa peur. Après une dizaine de minutes à pleurer, elle essuya ses larmes et se ressaisit. Elle ne pouvait pas se laisser aller plus longtemps. Il était temps qu’elle aille travailler.

    A son bureau, James venait de terminer une réunion importante. Il avait enfin signé un contrat avec J&K Entreprise. A présent, il contacta son ami, Daryl.

    - Salut James, que me vaut ce plaisir ? Demanda-t-il.

    - Salut à toi aussi. Je voudrais que tu fasses une recherche sur le passé de Madison Evans. Je veux savoir si une personne lui en veut, les raisons et tout ce que tu pourras trouver. Répondit James.

    - Il y un scoop derrière tout ça ? Interrogea Daryl, amusé.

    - Comment ça ? S’exclama James, ne comprenant pas ce que vous insinuer son interlocuteur.

    - Ne fais pas l’innocent. Tu sais très bien de quoi je veux parler. Tu as enfin trouvé ta moitié. Assura le détective.

    James resta sans voix.

    Cela est si évident que même au téléphone on devine mes sentiments pour Madison. Pensa-t-il.

    - Ton silence vaut toutes les explications. Tu veux la protéger à tout prix, c’est ce qui m’a mis la puce à l’oreille. Je suis content si elle te rend heureuse. Répliqua Daryl.

    Les deux hommes se connaissaient depuis plus de dix ans. Leurs pères avaient travaillé ensemble et tout naturellement que James et Daryl aient fait de même.

    Ce dernier était informé de la vie de son ami et de son passé. Il était ravi qu’il ait enfin trouvé le bonheur, surtout après la mésaventure qu’il avait connue. Cette Sophie lui avait brisé le cœur.

    - Tu as déjà une idée sur cette menace ? Questionna son ami, en revenant au sujet principal.

    - Effectivement comme tu l’as deviné, je sors avec elle. Et pour répondre à ta prochaine question, oui c’est du sérieux. Hier, nous sommes allés au ranch et je l’ai présenté à mon père. Dit James.

    - Ah oui tu es rapide dis donc. Tu n’as pas peur qu’elle soit avec toi pour ton compte en banque ? Continua Daryl, en se faisant du souci pour son ami.

    - Je t’assure que non. Elle est différente des autres et elle n’est pas comme Sophie, c’est même son opposé. Ne t’en fais pas. Affirma James.

    - Si tu le dis. Attesta Daryl.

    - Concernant ma question, non je n’ai pas d’idée précise mais depuis hier, il se passe quelque chose et elle me cache. Elle a pleuré et n’a pas voulu m’en parler. Cela a peut-être un rapport avec le père de ses frères. Nous avons évoqué notre passé et elle est restée très vague à son propos. De plus, sa réaction a été immédiate, elle s’est raidie dès que je lui ai posé des questions sur cet homme. Si tu peux te dépêcher et avoir les réponses le plus vite possible. Expliqua James.

    - Bien, je m’y mets tout de suite. Je t’appelle dès que j’ai quelque chose. Conclua Daryl, en raccrochant.

    - Parfait. Dit James.

    Daryl allait également faire des recherches approfondies sur Madison. Il s’inquiétait que son ami puisse retomber dans un piège. Cette garce de Sophie lui en a fait baver et il ne voulait pas qu’il souffre à nouveau. Il se mit au travail.

    La journée se déroula rapidement, après avoir travaillé quatre heures à la librairie, elle se rendit en cours. Puis, elle alla chercher ses frères. Une fois à l’école, l’institutrice de ses frères lui signala que la directrice l’attendait dans son bureau. Cette dernière avait bien remarqué le retard de ce matin. Mme Hanson surveillait les jumeaux pendant l’entrevue.

    Décidément, tout le monde est contre moi. Punaise non pas aujourd’hui !!! C’est bon quelques retards et on est fiché comme criminel, il ne faut pas abuser quand même pfff. Quelle vieille harpie celle-là !! Elle n’a pas des choses plus importantes à penser. S’énerva la jeune femme.

    Elle frappa à la porte du bureau et entra dès qu’elle en eut l’autorisation. Le bureau était une grande pièce, lumineux. Quelques armoires se trouvaient sur les murs. L’endroit était sobre, sans décoration précise.

    - Asseyez-vous Mlle Evans. Ordonna la plus âgée des deux femmes avec un air sévère.

    Madison resta silencieuse et prit place. Elle prit sur elle pour garder son calme. Si par mégarde, elle se mettait à répondre, cela ne ferait d’envenimer la situation et il fallait à tout prix éviter de donner plus de raison de la directrice pour l’accabler.

    - Ce matin, les jumeaux étaient une nouvelle fois en retard. Vous avez été prévenu à plusieurs reprises des horaires de classe et pourtant, vous semblez ne pas vous en soucier. Je vous informe que je vais devoir le signaler au juge. Je n’ai malheureusement pas le choix puisque vous ne respectez pas les règles fixées. Annonça la directrice.

    - Je voudrais tout d’abord m’excuser d’avoir été en retard aujourd’hui. Je suis désolée, le réveil n’a pas fonctionné et nous nous sommes réveillés plus tard. Je vous promets que cela ne se reproduira plus. Je vais être plus vigilante à l’avenir. Je comprends vos inquiétudes concernant le bien-être de mes frères. Cependant, ils n’ont jamais manqué un jour de classe et ils travaillent très bien. Les quelques légers retards n’ont eu aucune incidence sur leur scolarité et leur apprentissage. Je ne vois donc l’intérêt d’en parler au juge. Expliqua Madison avec une voix douce, sans once de colère ou d’énervement.

    Elle faisait un grand effort pour ne pas répondre avec virulence.

    - Je me fiche de vos excuses. Le fait est que vous êtes arrivés plusieurs fois en retard, ce qui est inacceptable. Si tout le monde faisait comme cela leur chantait, ce serait l’anarchie. Il y a un règlement et il faut s’y tenir. Il est valable pour tout élève ou parent de cet établissement. Il n’y a aucune exception. Je vais en informer les autorités compétentes. Ce n’est pas à vous de décider ce qui est important ou non. Vous n’êtes pas inscrit au barreau à ce que je sache. C’est au juge de statuer sur la situation. Donc la question est réglée. Par ailleurs, je vous préviens que plus aucun retard ne sera toléré. La prochaine fois, il y aura une sanction. Affirma la directrice, très autoritaire.

    Reste garde calme Madison, si tu hausses la voix, tu peux être sûr qu’elle le signalera aussi et la situation sera encore plus grave. Sois zen, respire, un, deux, trois, voilà encore une fois. Se dit-elle.

    - Bien. Si vous souhaitez en parler, je ne vois pas ce que je peux faire. Si le juge le demande, je m’entretiendrais avec lui pour discuter de l’éducation d’Hugo et de Théo. Je n’ai rien à me reprocher. Voilà trois ans que j’assume leurs responsabilités et tout se passe bien. Effectivement, nous avons eu quelques retards mais jamais plus de vingt minutes, cela arrive à tout le monde. Il n’y a eu aucune conséquence pour mes frères. Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de journée. Déclara Madison avec aplomb et sûr d’elle.

    - Quelle arrogance mademoiselle. S’exclama la directrice.

    Celle-ci s’empressa d’écrire un rapport qu’elle envoya au juge pour lui rapporter cela. Madison se leva et alla rejoindre ses frères. Elle échangea quelques minutes avec leur professeur qui la soutenait. Puis, ils rentrèrent chez eux.

     

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